Publi le mardi 06 mai 2008

Il n'y a pas d'énergie verte

06 05 2008

Il n’y a pas d’énergie verte. C’est au mieux un espoir, un vœu pieux ou une vue de l’esprit et au pire, un mensonge de promoteur.

Toutes les formes d’énergie ont un impact écologique plus ou moins négatif.  Au Québec, avec l’eau et le vent, nous avons la chance de pouvoir compter sur des matières premières parmi les moins dommageables pour l’environnement. D’autres régions qui n’ont pas cette chance ont développé des productions autrement plus polluantes comme le nucléaire, le pétrole, le charbon, les sables bitumineux, le gaz naturel, etc.  C’est sans compter l’éthanol qui devait sauver l’humanité il y a dix ans et qui est en train de l’affamer.

Même si l’hydroélectricité est une des formes les moins polluantes d’énergie, Il faut construire des centaines de pylônes qui modifient le paysage et créent des champs magnétiques indésirables. Les barrages inondent des régions entières, déplacent les populations et détruisent le faune et la flore. Il a fallu compenser les autochtones à coup  de milliards depuis 50 ans.

Les éoliennes sont la dernière utopie de l’énergie verte.  Sur papier c’est une idée lumineuse, mais en pratique, c’est bruyant, immense et laid dans le paysage. Personne ne veut et ne peut vivre dans le voisinage d’une éolienne.  En plus, elles ne viennent jamais seules, mais en grappes pour le plus grand malheur de ceux qui ont choisi la campagne pour avoir la paix. Il faudrait les ériger loin des populations, mais cela coûterait plus cher en frais d’exploitation et de transport

En plus, au Québec, les éoliennes ont un effet négatif parmi les plus insidieux et les plus ravageurs pour une société, la pollution politique. Depuis qu’on en parle et qu’on les implante, c’est le bordel et l’improvisation qui règnent. Même Ben Laden ne terrorise pas autant la population que les promoteurs, les maires des villages et des MRC et les fermiers assis sur des montagnes de dollars dans un camp, et le gouvernement et Hydro-Québec dans un autre qui gèrent la patente comme si c’était un petit business à court terme qui n’aura aucun impact après les prochaines élections. Les groupes de défense de l’environnement accusent ceux qui résistent d’immobilisme. La population qui n’a pas été consultée et qui s’oppose à l’improvisation a l’impression justifiée d’être laissée à elle-même. C’est un beau gâchis. Hier, le gouvernement et Hydro-Québec ont annoncé 15 projets de 5.5 milliards. Espérons que cette fois-ci ils seront développés avec transparence et dans le respect de la population.

Même si l’éolien est une forme d’énergie plus propre que d’autres, elle n’est pas parfaite. Pour limiter les dégâts, il faudrait s’attaquer à notre insatiable appétit d’énergie qui fait du Québec l’un des endroits les plus énergivores de la planète. L’énergie la plus verte, c’est celle qu’on ne produit pas.